L’Akagera est la plus grande zone humide protégée d’Afrique centrale et le dernier refuge des espèces de savane au Rwanda.
L’engagement en faveur du changement socioéconomique est au cœur du partenariat entre l’ONG African Parks et le Conseil de développement du Rwanda (RDB). Lorsque le gouvernement a invité African Parks, en 2010, à apporter son concours à la professionnalisation de la gestion du parc, leur vision commune était claire : d’un site appauvri envahi par plus de 30 000 bovins, transformer l’Akagera en un parc générateur de revenus au profit de la population et de la faune. D’emblée, l’application efficace de la loi et l’engagement solide de la communauté ont été les fondements de la réhabilitation.
Après l’élimination quasi totale du braconnage (en l’espace de cinq ans seulement), des lions ont été réintroduits en 2015, suivis par des rhinocéros noirs en 2017 et à nouveau en 2019 en provenance de zoos européens. Devenu un refuge pour la faune sauvage, le parc s’est lancé dans le soutien tous azimuts aux entreprises génératrices de revenus à destination des communautés locales.
À la fin de 2019, il s’autofinançait à 90 % grâce aux recettes générées par près de 50 000 touristes, parmi lesquels 50 % de Rwandais.
Même si l’année 2020 a vu une réduction de 68 % des visiteurs en raison du Covid-19, l’Akagera a continué à subvenir aux besoins des 300 000 personnes vivant à ses alentours et qui profitent directement de son existence. Les groupements d’apiculteurs et les coopératives de pêche ont prospéré ; les pépinières du parc ont fourni des semis ; des groupes de femmes ont bénéficié d’une aide pour cultiver des champignons et élever des volailles, ce qui a permis de créer des emplois et d’assurer la sécurité alimentaire en ces temps difficiles. Grâce à ce bilan et à une collaboration fructueuse de dix ans avec le RDB, le gouvernement rwandais a conclu, en octobre 2020, un nouvel accord de gestion à long terme pour le parc national de Nyungwe avec le réseau African Parks, ce qui démontre que les zones protégées, lorsque y coexistent une vision claire et une bonne gestion, peuvent soutenir à très long terme les populations et la faune.
Principaux acquis
En 2017, 18 rhinocéros noirs de l’Est ont été réintroduits dans l’Akagera après une absence de dix ans dans le pays. En 2019, cinq rhinocéros noirs de l’Est supplémentaires ont été transférés des zoos européens : ils permettront de créer la population la plus diversifiée du continent sur le plan génétique.
Après en avoir été chassés dans les années 1990, les lions y ont été réintroduits en 2015. Leur population a triplé avec la naissance de onze lionceaux dès la première année. Deux mâles supplémentaires ont été transférés d’Afrique du Sud en 2017 pour renforcer la diversité génétique.
En sept ans, les processus de mise en application de la loi ont été révisés et le braconnage a été réduit à un niveau constant très bas (huit personnes ont été arrêtées pour braconnage en 2020).
Formée et déployée en 2015 pour aider à la sécurisation du parc, l’unité canine de lutte antibraconnage s’est depuis lors développée avec l’adjonction de dix chiots ; ceux-ci suivent une formation pour devenir la prochaine génération de chiens de pistage.
La construction d’une clôture à énergie solaire et à l’épreuve des prédateurs, longue de 120 km, a considérablement réduit les conflits homme-faune.
Plus de 1 600 écoliers et 300 dirigeants locaux ont visité l’Akagera dans le cadre du programme d’éducation environnementale soutenu par le parc.
L’Akagera mène de vastes programmes d’éducation environnementale : ses émissions de radio, par exemple, informent sur le parc, sur les lois relatives à la faune, l’atténuation des conflits homme-faune, et dressent le profil des coopératives.
Au terme de l’année 2019, l’Akagera s’autofinançait à 90 % grâce aux recettes générées par la visite de près de 50 000 touristes. En 2020, le tourisme a généré au total 1 054 000 $US (un peu plus de 970 000 EUR). Plus de 55 000 touristes ont visité l’Akagera en 2020.
En 2019, Wilderness Safaris a officiellement ouvert à l’Akagera le premier campement de safari de luxe du pays, dans la seule zone protégée du Rwanda abritant la mégafaune emblématique d’Afrique. Magashi, situé sur les rives du lac Rwanyakazinga, dans la partie nord-est du parc, offre donc des possibilités exceptionnelles d’observation de la faune.
En novembre 2021, 30 rhinocéros blancs du Sud ont été transférés de la réserve de Phinda Game, en Afrique du Sud, dans le cadre de la plus importante translocation de rhinocéros jamais entreprise.
