La province du Nord-Kivu à l’Est de la République Démocratique du Congo est bouleversée par des guerres et des combats depuis plus de vingt ans. Sa capitale, Goma, a vu arriver de nombreuses familles fuyant les combats et menaces des zones rurales. Un million de personnes y vivent actuellement et leurs besoins énergétiques, notamment, y sont immenses. 97 % de cette population est dépendante du bois et du charbon de bois – le « makala » –, seules sources d’énergie aisément accessibles à cette population pauvre. Or, 80 % de ces ressources sont issues du célèbre Parc des Virunga qui abrite les non moins célèbres gorilles de montagne. L’approvisionnement en bois- énergie est en effet le premier moteur de déforestation du Parc.
Le Bassin du Congo abrite un trésor exceptionnel de biodiversité. Le Parc des Virunga, situé dans la province du Nord-Kivu, est le premier parc national du continent africain. Internationalement reconnu pour sa très grande diversité d’habitats et d’espèces, il abrite notamment la plus grande population de gorilles de montagne, mais aussi la plus menacée. Outre le braconnage, la première menace de disparition de l’espèce est la destruction de son habitat, via la déforestation et la dégradation des forêts.
Les communautés autour du parc dépendent pour plus de 90 % du bois-énergie, comme le bois de chauffage et le « makala » (“charbon de bois” en lingala), pour satisfaire leurs besoins énergétiques. Plus de 20 ans de conflits armés ont poussé les populations rurales en quête de sécurité à migrer vers la ville de Goma, chef-lieu de la province Nord-Kivu. Cette explosion démographique a mis une pression énorme sur les ressources naturelles du parc.
Un projet de reboisement ambitieux
Afin de protéger les ressources naturelles du Parc des Virunga et l’habitat du gorille, tout en soutenant les besoins des populations locales, le WWF-Belgique et ses partenaires ont mis sur pied en 2007 un projet innovateur de reboisement. Ce projet, intitulé ECOmakala, consiste à produire du charbon de bois durable, « l’éco-makala », dans les zones périphériques du parc.
Plusieurs milliers d’agriculteurs, issus des communautés locales, ont déjà planté plus de 12 000 hectares d’arbres à croissance rapide autour du parc depuis 2008. Ce projet de reboisement communautaire a pour objectif d’offrir une alternative durable et légale au charbon de bois issu du parc tout en soutenant le développement socio-économique.
Des foyers à charbon moins énergivores
Dans le cadre du projet, le WWF appuie également les associations locales de femmes dans la production et la vente de foyers à charbon qui consomment jusqu’à 50 % de charbon de moins que des poêles traditionnels. Depuis 2016, ces activités ont mené à la création de « Goma Stove », une entreprise locale de production de petits foyers à charbon optimisés. La société a pu élever sa production à un niveau semi-industriel, ce qui permet à davantage d’habitants de disposer d’un foyer et de diminuer les coupes de bois dans le parc des Virunga.
Diversifier les sources de revenus avec l’agroforesterie et l’apiculture
Outre la construction d’une filière équitable de charbon de bois durable, le WWF favorise également la diversification des sources de revenus pour les communautés locales, notamment grâce à l’agroforesterie. L’intégration d’arbres dans les parcelles agricoles permet de maintenir la fertilité des sols, préserver les ressources en eau et de mieux faire face aux aléas climatiques. Le projet s’oriente aussi progressivement vers la production de miel. À terme, la production de charbon de bois liée à l’agroforesterie et l’apiculture généreront de nouvelles sources de revenus pour les agriculteurs, ce qui contribuera aussi à la protection des forêts du parc.
À propos de WWF
Le WWF est l’une des organisations internationales de conservation de la nature indépendantes les plus grandes et les plus respectées au monde. Avec ses 3 000 projets et ses six millions de sympathisant·es, notre organisation est présente dans plus de 100 pays.
Principale organisation de notre pays dans ce domaine, WWF Belgique est notre intermédiaire pour les projets de protection de l’environnement en Afrique centrale et, plus particulièrement, en Afrique des Grands Lacs.
